La
châtaigneraie des Maures
Collobrières, c’est 10 000 hectares d’espace, d’oxygène, de forêts… et 1 000 hectares de châtaigneraies.
Pour garder à cette forêt toute son authenticité et son parfum de liberté, la clôture en est presque absente.
Pourtant, l’espace que vous foulez a toujours un propriétaire… Alors, merci de respecter tous ces hommes pour leur effort à entretenir et sauvegarder la culture de la châtaigne et NE RAMASSEZ PAS LES CHATAIGNES !
On estime approximativement à 150 tonnes par an la récolte actuelle des Maures. Les débouchés se font avec des négociants, ainsi qu’à l’occasion des fêtes de la châtaigne (les trois derniers dimanches d’octobre).
Les fruits y sont vendus frais, grillés ou valorisés à travers une production familiale de crème ou confiture de marrons ( voir idées cuisine)
Origine et histoire
Les châtaigneraies exploitées aujourd’hui sont souvent d’origine ancienne. Ces vergers ont été plantés de façon lâche (un arbre tous les 8 mètres).
La greffe des jeunes plants est indispensable pour former des arbres productifs de la variété voulue. La greffe la plus pratiquée dans les Maures est la greffe en fente. Dès lors, il faudra attendre une douzaine d’année pour obtenir la première récolte. Le plein rendement est acquis au bout d’une vingtaine d’années.
L’entretien du verger comporte un élagage des arbres tous les 6 ans ainsi qu’un petit nettoyage courant des arbres et du sol.
Ce dernier est fauché à partir de la mi-juillet lorsqu’il n’y a plus de repousse possible. En hiver, on ratisse feuilles et bogues qui seront brûlées en tas. L’objectif général est de maintenir un sous-bois propre pour faciliter la récolte des fruits.
La récolte proprement dite se fait manuellement (à l’aide de gants et parfois d’un petit râteau). Elle débute à partir de début octobre. L’utilisation de machines s’est révélée peu adaptée au terrain des Maures.
Châtaignes ou marrons ?
La réponse à cette question classique dépend en fait de la spécialité des personnes à qui vous la posez, castanéïculteur ou botaniste.
Pour le castanéïculteur, tous les deux sont issus du châtaignier :
- une châtaigne au décorticage se casse parce que la peau duveteuse (le tan) la cloisonne.
- Le marron au décorticage reste entier. C’est pour cette raison que les industriels les utilisent en confiserie.
Il n’est donc pas question de grosseur ou de nombre dans la bogue.
Par exemple, lorsque vous dégustez un cornet de « grillés » à l’automne, vous décortiquez des fruits qui restent entiers mais petits. C’est la caractéristique de la Sardonne ‘nommée également marron du Var). Plus de 80 % des fruits de cette variété sont des marrons, le reste est constitué de châtaignes (les fruits les plus gros !). Les producteurs du var ont donc du mal à valoriser leurs fruits, bien que d’une excellent qualité gustative, autrement qu’en crème ou confiture.

Valorisation indirecte : Le Pastoralisme
Dans les Maures, il y eut de longue date un petit pastoralisme local de subsistance. Des gros troupeaux de chèvres exploitèrent également le maquis et les châtaigneraies et furent souvent collectifs. Les grands troupeaux de moutons se sont surtout développés au XIXème siècle parallèlement aux vignes. Il y avait en effet une association étroite entre éleveurs et propriétaires terriens, les grands troupeaux transhumants venant passer l’hiver en Provence après une estive en montagne.
Les moutons assuraient l’entretien entre les rangs de vignes et le loyer du berger consistait en l’accumulation du fumier laissé dans la bergerie et nécessaire aux cultures. Une partie des troupeaux exploitait également les collines et contribuait ainsi à l’entretien du sous-bois des châtaigniers avant ou après la récolte (consommation des dernières châtaignes). La ressource pastorale y est diversifiée grâce à une herbe de qualité, riche en légumineuses.
Désormais, les éleveurs sont rares dans les Maures et l’entretien se concentre sur les pares feux. Pourtant, les châtaigneraies jouent un rôle efficace en tant que pares feux qui gagnerait à être reconnu et valorisé.